Oncogénétique

Certaines familles sont confrontées dans leur généalogie à une fréquence relativement élevée de cancers. Cette fréquence anormale pose la question d’une éventuelle prédisposition héréditaire au cancer ; des tests génétiques peuvent alors être proposés pour adapter la surveillance du patient et de ses apparentés.

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L'analyse de l'exome en oncogénétique

La prédisposition aux cancers du sein et de l’ovaire

On estime que 5% des cancers du sein et 15% des cancers de l'ovaire sont liés à l’existence d’une prédisposition familiale, en rapport avec la présence d’altérations dans certains gènes. Des tests génétiques permettent de les mettre en évidence dans les familles répondant aux critères d'analyse.

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Les deux gènes les plus fréquemment impliqués dans ces prédispositions sont BRCA1 et BRCA2. Les risques de cancer associés sont maintenant bien connus et des recommandations de surveillance et de prise en charge ont été éditées : « Recommandations BRCA1 BRCA2 », « fiche INCa chirurgie prophylactique sein » et « chirurgie prophylactique ovaire » , « référentiel FAR » ou ont fait l’objet d’un consensus professionnel pour PALB2 (retrouvez le communiqué du GGC dans la newsletter n°2) . Ces gènes n’expliqueraient que 30 à 40% des prédispositions au cancer du sein. L’arrivée du séquençage haut débit a permis d’identifier de nouveaux gènes de prédisposition aux cancers du sein et/ou de l’ovaire. 13 gènes sont maintenant analysés dans un cadre diagnostique en cas d’indication retenue.

Toutes les prédispositions génétiques aux cancers n'étant pas connues à ce jour, l'absence d'identification de variation n'exclut pas l'implication d'un facteur génétique. Les recommandations de surveillance seront dans ce cas basées sur les antécédents personnels et familiaux de la personne ayant réalisé le test et selon les recommandations de la HAS (surveillance femme BRCA, dépistage du cancer du sein chez les femmes à haut risque).

La prédisposition aux cancers colorectaux

Elle représente 5% des cancers du côlon. Les principaux gènes de prédisposition sont les gènes MMR responsables du syndrome de Lynch, et les gènes APC et MYH, responsables respectivement de polypose adénomateuse familiale autosomique dominante et récessive. En cas de syndrome de Lynch, d’autres cancers peuvent être associés : cancers de l’endomètre (muqueuse utérine), de l’ovaire, de l’estomac, et plus rarement des voies biliaires et des voies urinaires. Des critères cliniques ont ainsi été établis pour orienter le patient vers une consultation d'oncogénétique ou mettre en œuvre une analyse complémentaire, génétique et immunohistochimique (IHC) de la tumeur (critères d’Amsterdam II élargis et critères de Bethesda).

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Il existe une méthode de précriblage tumoral par recherche d’instabilité des microsatellites sur tumeur digestive de préférence, permettant de cibler les personnes devant bénéficier d’une étude des gènes MMR (Fiche RER). Des recommandations de surveillance et de chirurgie prophylactique sont éditées par l’INCa (chirurgie prophylactique hnpcc-lynchchirurgie prophylactique polypose).

Les prédispositions familiales aux cancers du sein/ovaire et du côlon/utérus constituent aujourd’hui les principaux motifs de consultation oncogénétique, mais il existe d’autres prédispositions héréditaires : cancer de l’estomac, mélanome/pancréas, cancer du rein, néoplasies endocriniennes multiples, syndrome de Li Fraumeni, cancer de la prostate, hémopathies malignes, etc. (tableau des prédispositions génétiques, Livret NEM1Livret NEM2Brochure PHEOPGL 2012chirurgie prophylactique gastrique)

Comment se déroule la consultation ou la téléconsultation d’oncogénétique ?

La consultation de génétique, réalisée à l’hôpital ou en télémédecine, a 4 buts principaux :
• Chercher une cause à la survenue d’un cancer précoce ou à une agrégation familiale de cancers
• Renseigner le consultant sur les risques de transmission à sa descendance
• Préciser la surveillance du cas index et de ses apparentés
• Aider à adapter le traitement du cas index

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Le généticien ou le conseiller en génétique construit avec un patient présentant des antécédents personnels et/ou familiaux de cancers son arbre généalogique. Dans le cas où les critères pour la réalisation d’une étude génétique sont remplis (voir le tableau des prédispositions génétiques), un consentement écrit est recueilli et un prélèvement sanguin, ne nécessitant pas d’être à jeun, est effectué après la consultation. Ce type d’examen hautement spécialisé nécessite en moyenne 4 à 6 mois de délai. Le prélèvement sanguin devra toujours être initié la première fois, pour une famille, chez un patient présentant un cancer.

Lorsqu’une mutation génétique a été identifiée chez un membre d’une famille, une consultation ou une téléconsultation d’oncogénétique peut également être organisée chez des apparentés, dans un but de conseil génétique et de prévention. Il s’agit dans ce cas d’un diagnostic présymptomatique. Le délai pour l’obtention des résultats sera dans ce cas inférieur à 3 mois.

Le résultat et les recommandations de surveillance pour la personne et les membres de sa famille qui en découlent sont expliqués par le généticien ou le conseiller en génétique au cours d’une seconde consultation. Il faut savoir qu’en cas d’identification d’une mutation génétique, le patient a une obligation légale de transmettre cette information à ses apparentés concernés (information à la parentèle), qui pourraient bénéficier de mesures de surveillance et/ou de prévention.

Vous pouvez également trouver plus d’infos sur le site https://www.oncogenetique.fr ou le site de l’association Généticancer, avec plusieurs brochures d’information dont un livret dédié à "L'intérêt du test génétique".

Quel suivi pour les patients prédisposés au cancer ?

Les recommandations de surveillance du patient et de ses apparentés au 1er degré sont établies au cours de réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) après échange entre différents spécialistes. Des RCP communes entre Dijon et Besançon ont lieu régulièrement (tous les mois pour les dossiers de gynécologie et de gastro-entérologie). Les personnes porteuses d’une mutation au sein d'un gène de prédisposition aux cancers se voient proposer une stratégie de prise en charge spécifique basée sur la surveillance et/ou la chirurgie prophylactique, adaptée aux différents risques tumoraux associés à l’altération génétique identifiée. Cette prise en charge, tout au long de la vie de la personne, est pluridisciplinaire.

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Dans ce contexte, l’INCa a soutenu la coordination du suivi des personnes prédisposées héréditairement au cancer, pour intégrer, faciliter et améliorer la prise en charge globale, médicale et chirurgicale des personnes concernées, quel que soit leur lieu de prise en charge. Le projet Bourgogne Franche-Comté a fait partie des 6 projets pilotes de 2009 à 2012 (Oncogène Bourgogne Franche-Comté), puis ces projets ont été généralisés dans chaque région autour de quatre missions :

  • Mettre en place un suivi individualisé des personnes prédisposées héréditairement au cancer ;
  • Coordonner ce suivi sur le plan régional, voire interrégional ;
  • Assurer l’accès aux compétences multidisciplinaires, soit en interne, au sein des établissements associés au programme, soit à l’extérieur, soit de façon alternée interne/externe, selon le souhait de la personne ou selon la logique d’organisation régionale ;
  • Assurer une activité de recours et d’expertise pour les cas difficiles.

Afin de répondre au mieux à ces missions, un centre universitaire de suivi des femmes à haut risque de cancer du sein et de l’ovaire a ouvert ses portes au CGFL en octobre 2014 et un centre de suivi pour les personnes porteuses du syndrome de Lynch en 2018. Un projet de prise en charge améliorée des personnes porteuses d’une mutation dans le gène TP53 (syndrome de Li Fraumeni) est aussi à l’étude.

Les lieux de consultations en Bourgogne-Franche-Comté

Centre G. F. Leclerc de Dijon

03.45.34.80.82
CH de Chalon-sur-Saône

Prendre RDV au secrétariat d’oncogénétique du CHU de Dijon
03.80.29.53.13
CH de Mâcon

Prendre RDV au secrétariat d’oncogénétique du CHU de Dijon
03.80.29.53.13
CH de Nevers

Prendre RDV au secrétariat de gynécologie
03.86.93.83.50
CH d’Auxerre

Prendre RDV au secrétariat d’oncogénétique du CHU de Dijon
03.80.29.53.13
CHU de Besançon

Prendre RDV au service des consultations
03.70.63.21.62
CHU de Dijon (Hôpital d’Enfants)

Prendre RDV au secrétariat d’oncogénétique
03.80.29.53.13
Hôpital Nord Franche-Comté (Site du Mittan - Montbéliard)

03.81.47.99.99

Les équipes d’oncogénétique

Une équipe mixte à Dijon CHU / Centre Georges-François Leclerc
et une équipe au CHU de Besançon